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Mariage indien : Pourquoi vous devriez lire Mariage à l’indienne de Kavita Daswani

Mariage à l'indienne au Rajasthan Inde

Dans cet article, je vous donne mon avis sur le livre « Mariage à l’indienne », qui parle du mariage indien, en faisant un parallèle avec ce que j’ai pu observer sur place.

 

Mariage à l’indienne est un livre que j’ai lu il y a déjà quelques années.

J’avais écrit sa critique à l’époque et j’ai eu envie de la remettre à jour en incluant des remarques sur ce que j’ai pu observer au cours de mes voyages en Inde.

Je vous invite donc à découvrir pourquoi je vous conseille fortement sa lecture, et je vous fais part de mes observations sur le mariage en Inde, la place de la femme dans la société indienne et l’étonnante conception des études supérieures.

 

Mariage à l'indienne
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Sommaire de l’article.

 

 

L’histoire de mariage à l’indienne.

C’est l’histoire d’Anju, une jeune femme indienne de 32 ans, partie vivre à New York en « Umrique ».

Chaque année, ses parents la font rentrer au pays à l’occasion des mariages dans sa famille, pour s’adonner à la Grande Chasse Officielle au Mari; mais Anju, tiraillée entre la culture occidentale et ses racines, a bien du mal à trouver une solution qui lui permette de suivre la tradition tout en restant fidèle à elle-même et à son amour pour la liberté.

 

 

Pourquoi j’ai aimé « Mariage à l’indienne ».

Dès le premier chapitre, on découvre une auteure à l’humour et à l’auto-dérision extraordinaire.

 

Je vous en livre quelques passages :

« A deux jours de son dixième anniversaire, ma grand-mère était déjà mariée. Ma mère, elle, avait trouvé un mari à vingt ans. J’en avais conclu que si l’on gagnait ainsi dix ans à chaque génération pour arriver à l’âge idéal du mariage, à trente ans au plus tard j’aurais dû trouver un conjoint.

Mais à trente-deux ans, j’étais à mille lieues de convoler, d’où la consternation de chacun au mariage de ma cousine Nina, vingt-deux ans, au point de gâcher les réjouissances et de relancer les spéculations familiales jusqu’ici réprimées. »

 

« Mon sari et le bustier assorti était rose pâle, un rose de crème fouettée, comme la nacre lustrée d’un coquillage, ou bien les noeuds dans les cheveux des petites filles. Je m’étais drapée dans près de sept mètres de tissu bien serré autour de mon corps, ce qui me donnait l’air d’un pâté impérial en train de virer au rose. En tout cas, c’est ainsi que je me décrivais à quiconque se répandait en compliments à mon égard. »

 

A propos de son dernier prétendant, rencontré dans un minable club de salsa : « L’un d’eux, dans un costume de polyester à très fines rayures, la moustache en guidon, m’avait dit qu’il voulait m’épouser, juste avant de vomir dans un pot de fleurs. C’était la dernière fois, assez lamentable, que l’on m’avait fait une proposition. »

 

Elle surnommera le suivant « M. Mono-sourcil » : « Je fus frappé par l’extrême brillance de ses cheveux, comme s’il s’était renversé toute une bouteille d’huile Vitalis dessus. Il n’avait qu’un seul sourcil. Bon, enfin, pas exactement un seul sourcil mais deux sourcils qui se rejoignaient. J’eus envie de filer à la maison et de revenir avec ma pince à épiler. Il portait une chemise noire, parcourue de petites lignes brillantes, à travers laquelle on pouvait voir un maillot de corps blanc, et un pantalon noir. Et des chaussettes blanches. Il portait aussi un gros pendentif en or au bout de la chaîne qu’il avait autour du cou, une gourmette étincelante et une montre incrustée de brillants. Je me crus revenue aux années quatre-vingt. »

 

Et l’apothéose, les dernières lignes de ce paragraphe…

 » – Maman, je veux simplement être heureuse.

– Beti, répliqua-t’elle, je ne veux pas que tu sois heureuse. Je veux que tu sois mariée. »

 

 

Ce que j’ai pu observer en Inde, relatif au mariage indien et à la virilité.

Dans les familles, on observe l’ordre des naissances.

Si l’aîné(e) tarde à se marier, cela se répercute sur les suivant(e)s.

De quoi provoquer bien des crises familiales…

 

Auparavant, il était de bon ton d’arborer une moustache pour démontrer sa virilité.

Aujourd’hui, même si les poils ont encore une place importante, c’est la musculature qui remporte les suffrages.

En 2015, les jeunes Indiens de Jagdalpur dont j’étais les plus proches, bien que de petites tailles, étaient littéralement transformés et faisaient de la musculation tous les jours.

La raison ?

La plupart des jeunes Indiens sont obnubilés par Salman Khan.

La grosse majorité des Indiennes, y compris les mères de famille, sont secrètement amoureuses du Bad Boy – beaucoup trop musclé – de Bollywood.

Il faut savoir que cette idole indienne a été condamnée en 2015 à 5 ans de prison pour meurtre mais a tout de suite été relâché sous caution ! Sa demande en appel a suspendu le jugement, on le devine pour toujours…

 

 

Chaque chapitre commence par une citation qui dévoile une partie de la culture indienne.

« En règle générale, le mariage religieux était, et est toujours, arrangé par les parents du jeune couple, après force consultations, études d’oracles, examens des horoscopes et des caractéristiques physiques propices… Si le mari doit avoir au moins vingt ans, la jeune fille, elle, doit être mariée juste avant la puberté. » L’Inde des Merveilles, A. L. Basham.

Désormais, la question de l’âge est heureusement beaucoup plus souple, même si un mariage tardif est encore mal vu.

En 2012, avant de rejoindre l’Orissa et le Chhattisgarh, j’étais à Vishakapatnam, où j’ai eu une intéressante et rigolote conversation sur le mariage avec une riche Indienne. Sa fille, bien que vivant aux Etats-Unis, souhaitait que sa mère lui trouve un époux via les sites internet matrimoniaux. De nombreux critères rentraient en ligne de compte, dont l’observation de l’horoscope.

 

 

« Prendre l’initiative de son mariage est considéré comme totalement impropre pour un jeune homme ou une jeune fille. La libéralisation actuelle leur donne des occasions de se rencontrer, contrairement à ce qui se passait autrefois, où les jeunes époux ne se voyaient qu’après le mariage. » Introduction à l’hindouisme. Dharam Vir Singh.

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu « this is a love marriage ». Encore aujourd’hui, la précision est utile, les mariages arrangés étant toujours la norme.

J’ai aussi malheureusement rencontré des jeunes coupés de leur famille. Ils avaient dû s’échapper pour pouvoir se marier.

Au Kerala, un état pourtant prospère, j’ai rencontré une très belle jeune femme mariée contre sa volonté à un homme plus âgé. Elle profitait de chaque occasion pour me poser des questions sur ma vie en France et m’expliquer qu’elle ne pouvait pas s’enfuir. Son mari lui donnait juste l’argent nécessaire aux courses pour la famille.

En 2015, j’ai été invitée au 1er jour d’un mariage dans un village du Rajasthan. Les époux, des cousins, ne s’étaient jamais vus.

 

 

« Les textes saints interdisent le sacrifice d’animaux femelles, mais s’agissant d’êtres humains, sacrifier des femmes procure la plus grande satisfaction. » Chaturanga, Rabindranath Tagore.

No comment…

Bien que je n’en ai pas été témoin, on m’a plusieurs fois affirmé que la sati – sacrifice de l’épouse dans le bûcher funéraire de son époux – était encore parfois pratiquée.

Les veuves sont encore souvent rejetées, vivant seules dans les rues.

 

« Le père qui ne donne pas sa fille en mariage au moment où il convient est blâmable. » Aux sources de la tradition indienne, volume 1, sous la direction de W.M. Théodore de Bary.

 

 

A propos de la place de la femme dans la société indienne.

« Dans l’hindouisme, pratiquer l’occultisme à des fins personnelles est désapprouvé et quiconque s’y adonne doit en être dissuadé. » Suis-je Hindou ? Editions Viswanatham.

Pourtant, la mère désespérée… ou désespérante… de la pauvre Anju consultent swamis, gourous, guérisseurs et astrologues aux quatre coins du pays. Mieux vaut pratiquer l’occultisme qu’affronter les regards désapprobateurs et plein de pitié pour avoir une fille célibataire !

 

« En Inde, la discrimination entre les sexes commence à la naissance, ou même avant. Elle commence, en fait, dans le ventre de la mère. Aucune des bénédictions traditionnelles prodiguées à une femme enceinte ne fait mention de filles. » La caste des femmes, Vrinda Nabar.

L’Inde étant un sous-continent immense et plein de contrastes, on y trouve forcément des situations très différentes selon les régions, les religions et les familles. Comme partout et pour tout, il ne faut pas généraliser.

Dans certaines familles, l’épouse peut avoir le rôle central.

La plupart des jeunes aujourd’hui sont heureux d’avoir un enfant, quelque soit son sexe.

La plupart des tribus sont des sociétés matriarcales.

 
 

Anju évoque la peine et la honte qu’elle a occasionnées à ses parents en ne naissant pas garçon, mais un « déchet enrubanné ». En tant qu’aîné de la famille, il était impensable qu’elle « fit son entrée, avec une fente minuscule au lieu du petit appendice en forme de ver de terre qu’ils étaient si impatients de voir ».

Une fille coûte très cher. Il faut l’élever jusqu’à son mariage puis, alors même que la pratique est interdite par la loi, il faudra offrir une dot à la famille du marié.

Celle-ci tend à être de plus en plus élevée et il n’est pas rare que l’épouse périsse dans un malheureux accident domestique à cause de la dot.

Il arriverait aussi parfois qu’un jeune homme soit enlevé et marié de force afin d’éviter à la famille de la mariée de payer la dot.

Encore aujourd’hui, de nombreuses histoires circulent sur des problèmes liés à la dot.

 

Lors du mariage auquel j’ai assisté au Rajasthan, un des cousins de la mariée a dû débourser une somme considérable pour le mariage. Néanmoins, plutôt que d’argent, la dot était surtout composée de tout ce dont les futurs époux avaient besoin pour s’établir : moto, meubles, habits, etc. Chaque convive a également reçu un lot complet plus ou moins cher selon sa proximité avec les époux, composé d’habits, bijoux, nécessaires de toilette, argent. Les hommes ont reçu un turban, geste particulièrement honorant au Rajasthan. Les célébrations du mariage ont duré une semaine, alternant banquets gargantuesques, rituels traditionnels et soirées dansantes.

 

Mariage dans un village près de Jaipur en Inde
Les parents de la mariée posant avec une partie de la dot

 

« Un beau garçon à la peau claire est généralement préféré, en particulier si la jeune fille est jolie… Le garçon doit être gentil, bien élevé et ne pas donner à penser qu’il battra sa future épouse. » La Vie dans un village du nord de l’Inde, Oscar Lewis.

Toujours le culte de la peau blanche, comme partout en Asie. Mon ami balinais Ketut ne cessait de nous dire que nous avions une belle peau, alors que lui avait la peau du « Mal » (noire).

Quand je pars en Asie, je m’assure toujours d’avoir suffisamment de crème pour la peau. Sur place, je sais que je n’en trouverai qu’avec de l’actif blanchissant.

 

 

A propos des études.

« L’aspiration individuelle à toujours poursuivre des études pour s’élever encore dans l’échelle sociale finit par rompre l’ordre établi dans la famille et crée des tensions entre la femme et ses principaux éducateurs » Le statut des femmes en Inde, R.K. Tandon.

Une de mes amies indiennes de Chennai (Madras) a fait de longues années d’études et aurait pu devenir chercheuse en biochimie. Elle est issue d’une famille aisée. Son père est lui-même médecin. Pourtant, juste après avoir fini ses études, elle s’est mariée – mariage d’amour. Son père et son époux ont décidé qu’elle ne travaillerait pas, ce qu’elle a accepté sans difficulté…

 

« Un étudiant, plutôt que de voir dans son diplôme ce que l’Occident appellerait un enrichissement de sa vision des choses, en viendrait à le considérer plutôt comme une preuve de sa plus grande valeur personnelle, permettant à ses parents de demander une dot plus importante pour lui. » Puissiez-vous enfanter cent fils, Elisabeth Bumiller.

Là encore, je ne compte plus le nombre de mes connaissances masculines enchaînant les années d’étude à 30 ans passé. Pourtant, leur ambition est souvent de travailler dans l’administration qui, contrairement à la France, représente un travail prestigieux.

 

 

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En conclusion.

Ce livre est à découvrir si vous avez envie d’en apprendre un peu plus sur la culture indienne, le mariage indien et voulez vous plonger dans l’atmosphère de la vie d’une famille de Bombay.

Vous passerez un excellent moment et rigolerez beaucoup !

 

Mariage à l'indienne
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A vous de jouer !

Avez-vous déjà lu « Mariage à l’indienne? Qu’en avez-vous pensé?

Y a t’il un autre ouvrage sur l’Inde qui vous a marqué et que vous nous recommenderiez?

 

Consultez le blog de voyage sur l’Inde pour des idées d’endroits à découvrir ou en savoir plus sur la culture indienne.

 

 

Sauvegardez sur Pinterest pour plus tard.

 

Mariage indien - critique du livre Mariage à l'indienne de Kavita Daswani - avis complet

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Mis à jour le

% commentaires (2)

Merci Stéphanie, votre article est très intéressant …. je pense que je vais rajouter » Mariage à l’Indienne «  dans ma petite bibliothèque 📚 😉 je me passionne comme vous avez pu le remarquer sur les «  Us et coutumes «  de l’Inde 🇮🇳
Encore merci. 😘

Avec grand plaisir Paola ! Ce n’est pas si souvent qu’un livre apprend tout un tas de choses en faisant beaucoup rire. J’ai vraiment passé un excellent moment de détente 🙂 😘

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