Comment découvrir facilement la culture du Tana Toraja à Sulawesi

Tau tau Toraja et tombes dans la falaise

Derniere mise a jour 10 Oct 2021 a 07:31

Après la virevoltante Java, ses sites Unesco, danses de transe et volcans, et la paradisiaque et envoûtante Bali, voici l’île de Sulawesi, avec notamment le Tana Toraja.

Mon voyage à Sulawesi, dans le Tana Toraja (sud), le pays des Mandar (Sulawesi occidental) et l’île de Selayar a été l’un des plus aventureux, à la fois par la difficulté à se déplacer avec les transports locaux et par la façon dont j’ai voyagé.

Il a été aussi un des plus fascinants et des plus riches sur l’apprentissage d’une autre culture et de ses rites, notamment funéraires.

Dans ce nouvel article, je vous livre mes impressions, coups de coeur, anecdotes et conseils sur la fascinante île indonésienne de Sulawesi, particulièrement le Tana Toraja et la Vallée de Mamasa.

Je vous y parle de :

  • pourquoi j’ai choisi de visiter Sulawesi et le Tana Toraja.
  • mon itinéraire à Sulawesi.
  • mes coups de coeur, hébergements et endroits préférés.
  • mon meilleur et mon pire souvenirs.
  • mon avis général sur Sulawesi…
Situation de l’Indonésie dans le monde, en Asie et carte des îles avec les provinces

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Pourquoi avoir choisi de visiter Sulawesi ?

En septembre 2007, j’avais visité les îles de Java et de Bali. J’avais adoré ce premier voyage solo en Asie et ça m’avait confortée dans mon idée que l’Asie était mon continent idéal. Je connaissais donc déjà l’Indonésie et cette diversité d’îles et de cultures ne pouvait qu’inspirer une ethnologue amatrice comme moi.

J’avais également vu plusieurs reportages sur les traditions funéraires torajas, avec leurs sépultures dans les falaises, les taus-taus, les momies et les tongkonans, les maisons traditionnelles. J’étais à chaque fois fascinée. Sulawesi ne pouvait que m’attirer davantage que n’importe quelle belle destination balnéaire en Asie.

Ce côté à la fois mystérieux, sauvage et cette culture si différente de la nôtre ne pouvaient que me donner envie de partir l’explorer.

A cette époque, je laissais ma compagnie aérienne habituelle, Qatar Airways, décider de ma destination. Quand les prix étaient au plus bas, j’achetais un billet aller retour pour la destination la moins chère du moment. Cette fois, c’était Kuala Lumpur, hub aérien idéal pour continuer vers un autre pays proche.

Pour quel type de voyageurs ?

Sulawesi est une destination « qui se mérite ».

Outre le temps de vol important, les transports locaux ne sont pas très développés, les informations plutôt difficiles à avoir et les cartes peu fiables.

Le Tana Toraja est une destination assez peu explorée. Les voyageurs qui se rendent à Sulawesi y viennent souvent pour faire de la plongée dans la fameuse Mer des Célèbes, dans le Nord de l’île et le sud-est. Elle est réputée pour ses récifs coralliens et ses sites de plongée comme le parc national marin de Bunaken, les îles Togian et le parc national de Wakatobi.

Sulawesi intéressera donc les plongeurs et ceux qui ont une âme d’ethnologue.

Maison traditionnelle du Tana Toraja : le Tongkonan

Mon road trip à Sulawesi.

Compte-tenu de la difficulté à se déplacer dans certains secteurs et aux temps de transport, mon voyage s’est concentré sur les environs de Rantepao (Sulawesi du Sud ou Sulawesi Selatan), la Vallée de Mamasa (Sulawesi occidental ou Sulawesi Barat) et l’île de Selayar.

C’était idéal puisque, bien que se touchant, l’architecture y est différente.

Carte de Sulawesi avec provinces et principales villes – Mamasa et à l’ouest de Rantepao
  • Arrivée à l’aéroport de Makassar. Nuit dans un hôtel de la ville.
  • Long voyage en bus pour Rantepao et arrivée dans la soirée.
  • Visite des alentours et participation à plusieurs funérailles torajas.
  • Lémo et ses alentours.
  • Makalé et ses environs.
  • Bori.
  • Batutumonga.
  • Lempo.
  • Deri et Palawa.
  • Lokomata et Pana.
  • Mamasa.
  • Ballapeu.
  • Retour à Makassar et visite de la ville.
  • Départ pour l’île de Selayar.
  • Visite de l’île
  • Départ pour l’aéroport de Makassar.

Circuit Tana Toraja depuis Bali.

Vous n’osez pas visiter le Tana Toraja seuls ? Vous pouvez réserver l’excursion ci-dessous ou ici de 3 jours au départ de Bali

Comment se rendre à Sulawesi le plus facilement ?

A mon sens, l’option la moins fatigante, la plus intéressante et la moins chère, c’est de transiter par un des deux hubs asiatiques : Bangkok ou Kuala Lumpur.

Je vous conseille un vol aller-retour Paris Bangkok ou Paris Kuala Lumpur avec Qatar Airways, puis un vol jusqu’à Makassar avec Air Asia.

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Mon coup de coeur sur l’île de Sulawesi.

Le contact avec la population, qui permet d’appréhender la culture toraja en profondeur!

Grâce à de belles rencontres, j’ai pu participer à plusieurs funérailles torajas dans les environs de Rantepao, puis loger avec une famille dans un village isolé dans la Vallée de Mamasa.

Jeunes Torajas lors de funérailles près du marché de Pasar Bolu

Mes endroits préférés à Sulawesi.

J’ai essayé de classer par « type de visite » :

Sites funéraires :

  • Lemo.
  • Le cas particulier de Bori Rante. Lorsque nous l’avons visité, le terrain cérémoniel était au milieu de la nature. Aujourd’hui, les seules photos trouvées en ligne montre un site de mégalithes entourés de tongkonans. Il semblerait que ces tongkonans soient des maisons pour les funérailles, comme à Sa’dan.
  • Lokomata.

Randonnée :

  • Au milieu des rizières et montagnes dans les environs de Lemo. Être invités à partager un délicieux café toraja au milieu des rizières par les cultivateurs.
  • Depuis Makale : Suaya, Tampangallo, Kambira (bébés dans les arbres).
  • Les paysages autour de Batutumonga (rizières en eau, sites funéraires).
  • Batutumonga, Lempo, Deri, Palawa : paysages, sites funéraires, villages traditionnels.
  • Les paysages autour de Mamasa, avec de nombreux villages.

Villages traditionnels :

  • Kete Kesu : maisons tongkonans et site funéraire.
  • Palawa : tongkonans.
  • Les villages autour de Mamasa, avec une architecture tongkonan différente : moins colorée, beaucoup de motifs géométriques et de pointillisme et pas de peinture animalière. Et des cercueils en forme de bateau – les Mandar viennent de la mer.
  • Ballapeu et ses environs.

Mon meilleur souvenir à Sulawesi.

Il y a eu deux moments particulièrement marquants pour moi à Sulawesi.

Funérailles à Rantepao, Tagari et Sa’dan.

Ma rencontre avec Benjamin, Toraja qui m’a invitée dès le lendemain de mon arrivée à des funérailles Torajas « privées »; puis avec son frère Frédérick, qui m’a fait participer aux funérailles Torajas de Tagari en tant qu’invitée, à des funérailles dans le village de funérailles de Sa’dan et m’a expliqué les rituels.

Séjour à Mamasa et Ballapeu.

Lors de notre visite de la vallée de Mamasa, le propriétaire de la guesthouse formait de jeunes Mandar à devenir guides. Pour compléter la formation de l’une d’eux, il l’a chargée de nous emmener dans le village très isolé de Ballapeu et de nous guider là-bas.

Il nous a également fait découvrir de nombreux plats typiques, de magnifiques endroits autour de Mamasa et nous a conseillé des itinéraires de randonnée.

A Ballapeu, nous avons logé avec une famille dans un tongkonan. Lors d’une randonnée improvisée sans notre guide, des agricultrices nous ont invités à partager leur repas de fin de travail et un excellent café Toraja, dans un tongkonan au milieu des rizières. Puis nous avons rejoint Ballapeu avec eux, à travers les rizières.

Pour être tout à fait honnête, ce délicieux repas a contrasté avec le poulet bouilli préparé le soir par notre famille d’accueil de Ballapeu…

Mon hébergement préféré à Sulawesi.

Avec un photographe français rencontré à Rantepao, nous sommes allés voir les prix du beau Luta Resort Toraja « pour le fun », pensant que c’était hors de nos budgets. Quand nous avons constaté que ce n’était pas le cas, nous en avons fait notre « base ». Ne vous fiez pas aux photos d’Agoda, qui ne rendent pas vraiment justice à la beauté du lieu.

Idéalement situé dans le centre de Rantepao mais très calme, il possède une très belle cour intérieure donnant accès à des chambres et suites très confortables, agréables et propres. Son restaurant, au bord de la rivière, est très intimiste et offre une nourriture locale à un prix dérisoire.

Cliquez sur les photos pour vérifier les disponibilités sur le site d’Agoda ou sur ce lien pour Booking

Anecdotes de voyage.

Même pas le prix d’un buffle !

Lorsque nous étions à Batutumonga, nous avons randonné sous la pluie. Nous avons été invités à nous abriter dans une construction en bambou en bord de route et on nous a offert de l’arak.

Un des jeunes croyait que Stéphane, avec qui j’ai randonné et voyagé de Rantepao à Makassar, était mon mari. Il a donc demandé combien il m’avait payée. Stéphane ne lui répondant pas, il a évoqué un prix… certes élevé pour Sulawesi mais qui n’était même pas celui d’un buffle !!!

« J’ai construit Pasar Bolu ».

Après les funérailles privées dans la famille de Benjamin et Frédérick, ce dernier m’a emmenée visiter différents endroits dans les environs. En passant devant le marché aux buffles de Pasar Bolu, il m’a dit « je l’ai construit ». Je l’ai regardée, étonnée « mais je croyais que tu avais une société de taxi à Jakarta ? » « Ben oui, je suis un homme d’affaires », m’a t’il répondu le plus naturellement du monde. Il faut dire que sa famille est la plus importe de Rantepao. Certains membres vivent dans une splendide maison où je suis allée à Rantepao, d’autres à Kete Kesu, ce village étant le leur, et les personnes « enterrées » sur le site étant leurs ancêtres, beaucoup d’autres sont enfin expatriés dans différentes îles d’Indonésie et plusieurs pays d’Océanie et d’Amérique.

De vieux beignets tout secs ou du ragoût de chien poilu ?

Le minibus qui nous a emmenés de Mamasa à Rantepao s’est arrêté au milieu de la montagne pour le déjeuner. Nous avions le choix entre une boutique qui ne servait que de vieux beignets rassis ou une gargote qui ne faisait que du ragoût de chien…

Steph me regarde « on fait quoi ? ». Moi « allez, ragoût de chien. On n’a pas trop le choix… »

Nous nous retrouvons devant deux énormes assiettes de ragoût. La viande est encore pleine de poils…

Nous remontons dans le bus et les locaux sont tout gênés. Steph leur dit que nous savons que c’était du ragoût de chien et les voilà à nouveau tout souriants. Ils étaient persuadés qu’aucun de nous ne comprenait le bahasa indonesia. Or, Steph apprend la langue du pays qu’il visite pour chacun de ses voyages de 6/8 mois !

Mes pires galères à Sulawesi.

Je n’ai eu aucune galère à Sulawesi. Par contre, le trajet entre Mamasa et Rantepao m’a fait assez peur. Les routes étaient tellement tortueuses, étroites et pleines de précipices, que j’ai préféré ne plus la regarder…

Mon plat toraja préféré.

Le pa’piong peut -être… La viande longuement cuite dans des tiges de bambou pour les funérailles.

A Mamasa, le propriétaire de la guesthouse nous a fait découvrir plein de délicieux plats locaux, Frederick et sa famille aussi à Rantepao.

Un bon plan à Sulawesi ?

Partir randonner dans les villages et se laisser reconduire à destination par les locaux !

Steph m’a initiée au stop et il m’est arrivé d’en faire seule lors de mes voyages suivants, lorsqu’il était difficile de trouver un transport public.

Des précautions particulières quand on voyage à Sulawesi ?

Sulawesi, comme Java et Bali, est une destination très sûre.

Est-ce que je retournerais à Sulawesi ?

Absolument !

J’aimerais retourner étudier davantage la culture Toraja, peut-être à la saison des mariages, et m’aventurer un peu plus à l’ouest et dans le nord.

Et si c’était à refaire différemment ?

Je ne changerais rien !!!

Vous êtes une agence de voyage ou un tour opérateur à la recherche d’un guide bilingue français-anglais pour votre prochain circuit à Sulawesi ?

Contactez-moi! En plus d’être une voyageuse aguerrie, j’ai travaillé durant 19 ans dans le domaine de la relation client voyageurs, de la gestion des conflits et des ruptures de correspondance en gare internationale. Vous pouvez en savoir plus et prendre directement un RDV téléphonique avec moi depuis la page guidage, contactez-moi via LinkedIn (lien dans la barre latérale) ou via le formulaire de contact (lien dans le menu de bas de page).

Conclusion.

Avec chacune de ses îles ayant une culture bien à elle et des peuples très différents, l’Indonésie est un paradis pour les ethnologues amateurs.

Un voyage à Sulawesi, à la découverte des traditions du Tana Toraja et du Pays des Mandar, n’est pas un voyage pour se reposer et se relaxer. Enfin, ça dépend pour qui… Stephane, le photographe avec qui j’ai voyagé et randonné, revenait de plusieurs mois à sillonner les cours d’eau de Kalimantan sur des radeaux. Sulawesi était son « séjour tranquille » !

J’ai adoré Sulawesi, l’accueil de sa population, m’immiscer pour un temps au coeur de ses traditions. C’est une destination que je recommande à toute personne éprise de Slow Travel, dont l’Humain est la priorité.

Connaissez-vous l’Indonésie et avez-vous déjà visité Sulawesi ?

Que pensez-vous de ce nouveau format d’article reprenant un de mes voyages avec des conseils et mon ressenti ? Etes-vous intéressés pour que je fasse un tel article pour chacun de mes voyages ?

Retrouvez l’ensemble de mes articles sur l’Indonésie ici

Sauvegardez sur Pinterest pour plus tard.

6 réflexions sur “Comment découvrir facilement la culture du Tana Toraja à Sulawesi”

  1. Ah, tu as raison…Il était très sympa ce Pak…J’y ai toujours une chemise à récupérer…faudra que j’y retourne…Pour ma part, pas du tout coincé en France…Sur les 6 derniers mois j’ai suivi trois transhumances en Espagne, et je prépare une grande expo pour Septembre. Et il y a encore deux jours j’étais à Malte…Je me concentre sur l’Europe en attendant que les conditions de voyages en Afrique soient un peu plus claires…Bisous Steph et bravo pour ton blog vivant

      1. Welcome…prévu d’aller en RDC…J’avais commencé à apprendre le Lingala, mais je repousse car pour l’instant il faut montrer un test négatif tous les 7 jours, même si tu es vacciné. Sinon peut-être Maroc/Mauritanie pour cette fin d’année…il faut juste que je me remette à l’arabe

  2. Ah oui, très sympas Steph, continue comme ca…N’aurais -tu pas oublié de dire que tu as failli embarquer quelques jours sur un rafiot rempli de tonnes d’oignons à Makassar ?

    1. Coucou Cumi.
      Oui, j’aurais pu raconter cette anecdote. Je me suis plutôt concentrée sur le Tana Toraja et la Vallée de Mamasa. Culturellement parlant, c’était tellement riche ! Ce matin, je me suis rappelée quand Pak Arianus nous a mystérieusement dit qu’un mort était rentré chez lui pendant la nuit. Sur le moment, on a compris qu’un corps avait été rapatrié pour des funérailles. Avec le recul, je me dis que, ce qu’il voulait dire, c’était qu’un défunt avait quitté sa sépulture pour revenir chez lui; le pays où les morts marchent pour rentrer chez eux 😉
      Et comment vas-tu ? Pas trop dur d’être coincé en France ?

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